Dans la pensée de d’Hildegarde de Bingen, l’être humain est intimement relié aux rythmes de la nature. Chaque saison influence le corps et l’énergie vitale. Le printemps, période de montée de sève, correspond à une phase d’expansion, d’éveil et d’élimination. C’est une période propice au soutien des fonctions d’élimination de l’organisme.
Durant l’hiver, le métabolisme fonctionne au ralenti : l’alimentation est souvent plus riche, l’activité physique diminuée et les émonctoires sont moins sollicités. Il en résulte une accumulation progressive de toxines, et ainsi, fatigue, digestion lente et baisse de moral, peuvent émerger.
Le foie est l’organe central de cette dynamique d’élimination. Il neutralise les toxines, les transforme en substances éliminables et joue un rôle fondamental dans la digestion des graisses. Lorsque le foie est surchargé, c’est l’ensemble de l’organisme qui s’essouffle. En naturopathie, le drainage hépatique est un pilier incontournable du printemps. Il s’appuie traditionnellement sur des plantes amères et stimulantes comme l’artichaut, le romarin, le radis noir ou le chardon-marie, reconnues pour leur action décongestionnante et protectrice des cellules hépatiques.
En parallèle du foie, les reins assurent l’élimination des déchets hydrosolubles. C’est ici que la sève de bouleau peut trouver une place pertinente. Riche en minéraux et légèrement diurétique, elle stimule l’élimination des acides et soutient le système lymphatique. En cure de deux à trois semaines, à raison d’un verre à jeun chaque matin, elle favorise un nettoyage progressif, sans épuiser l’organisme.
Le printemps met également à notre disposition des plantes sauvages dépuratives : pissenlit, ortie, ail des ours, cresson… Riches en vitamines, minéraux et principes amers, ces plantes soutiennent les fonctions digestives, dont le foie, et participent à la reminéralisation des tissus.
En naturopathie, au printemps, on ne se limite pas à un simple nettoyage de l’organisme. Elle s’inscrit dans une vision globale de l’être : alléger le corps, mais aussi clarifier l’esprit et libérer les émotions stagnantes. Le mouvement, la respiration, l’exposition à la lumière et le contact avec la nature potentialisent les effets du drainage.
Soupe de printemps d’Hildegarde au fenouil et à l’épeautre
Ingrédients :
un fenouil
trois carottes
trois petits panais
100 grammes de flocons d’épeautre non hybridés
une pincée de galanga
sel de Guérande non raffiné
eau filtrée
Préparation :
Couper en petits morceaux le fenouil, les carottes et les panais épluchés.
Les placer dans une casserole. Ajouter les flocons d’épeautre et le galanga et laisser mijoter pendant 30 minutes. Saler et mixer si désiré.
Cette soupe peut être consommée le soir, en repas léger, dans le cadre d’une semaine détox de printemps de quelques jours. Elle soutient le foie, facilite la digestion et nourrit l’organisme sans l’alourdir.
Article rédigé par Marie-Louise Grognet, Naturopathe formatrice et rédactrice